Jamai à Juppé: «Toléreriez-vous que votre président ne soit pas comptable de ses actes, de ses décis

 

Blog de v128 : IMAGINATION, Jamai à Juppé: «Toléreriez-vous que votre président ne soit pas comptable de ses actes, de ses décisDans un communiqué en date du 2 juillet 2011, vous aviez affirmé que « Les Marocains avaient pris une décision claire et historique à l'occasion d'une campagne référendaire transparente » qui, de plus, se serait déroulée « dans le respect des règles démocratiques » .

Mensonges et flagorneries

Par Khalid JAMAI

Monsieur le Ministre,

Dans un communiqué en date du 2 juillet 2011, vous aviez affirmé que « Les Marocains avaient pris une décision claire et historique à l'occasion d'une campagne référendaire transparente » qui, de plus, se serait déroulée « dans le respect des règles démocratiques » .

De même, vous avez soutenu que la révision de la constitution avait été conduite à partir de « consultations étendues, associant tous les partis politiques, les syndicats et une large palette de représentants de la société civile ».

Enfin vous alléguiez : « La participation du peuple marocain à ce référendum a été forte et a donné lieu à des débats animés et substantiels, reflétés dans les médias et notamment sur Internet ».

Qu'en est-il de l'exactitude de ces propos que vous présentiez comme des certitudes indiscutables?

Un leader de l'USFP, parti de gauche siégeant au gouvernement, Ali Bouabid, pourtant fervent partisan du oui, a écrit sur sa page Facebook, après avoir voté :

« Je viens de voter. Je remets ma carte d'électeur. Je demande si on doit vérifier mon identité. On me dit « on ne fait pas ça ». On trouve mon nom sur les listes. On met une croix en face de mon nom. Je vote. Je demande si je dois signer, on me dit non. Je dis : mais vous pouvez mettre autant de croix à la place des personnes qui ne sont pas venues voter puisque aucune signature n'est requise ! Amer. »

Quant au secrétaire général du PJD, parti islamiste, qui a mené campagne en faveur du projet constitutionnel, il a déclaré à l'envoyée du Financial Times : « Les chiffres fournis par le ministère de l'Intérieur sont exagérés. Le taux de participation doit tourner autour de 50% ».

Et, ils ne furent pas les seuls à dénoncer les fraudes massives qui ont entaché cette consultation référendaire. Loin s'en faut. Des dizaines de vidéos circulant sur la toile en apportent les preuves irréfutables. Il en est de même de la presse internationale écrite et télévisuelle telle que France 24 et TV5.

Nous sommes à mille lieux d'une campagne référendaire « transparente » qui se serait déroulée « dans le respect des règles démocratiques », comme vous l'affirmiez avec tant d'assurance.Monsieur le Ministre,

Pour arriver à ses fins et pour faire croire que le projet de la constitution avait été approuvé par plus de 98,50%, le pouvoir marocain a mobilisé toute son administration, tout son potentiel humain et matériel. De même qu'il a raclé les bas-fonds pour recruter, embrigader, contre monnaie sonnante et trébuchante, (comme le prouvent là aussi les dizaines de vidéos) chômeurs, citoyens dans le besoin, repris de justice, « chmakria », africains sub-sahariens en rupture de ban. Ces énergumènes, véritables « Tantons Macoutes Makhzanéens » ont permis, au régime de sous-traiter sa répression contre les militants du Mouvement du 20 février (1). De la sorte, le pouvoir pouvait continuer à réprimer, en toute quiétude et impunité tout en se prémunant contre tout rappel à l'ordre de la part de l'UE et des USA, hostiles à tout recours à la violence contre les manifestations pacifiques comme celles menées par ce mouvement.

Et que dire de l'instrumentalisation de la religion opérée à travers la mise à contribution forcée des imams et le recours à des confréries religieuses telle la Zaouïa Bouchichia ?

Cet embrigadement tous azimuts a été rendu impératif pour pallier à l'incapacité des partis politiques, adeptes du oui, à mobiliser les citoyennes et citoyens. De même qu'il permettait, si besoin était, de contraindre, par la menace, le chantage et la violence les « récalcitrants » à voter en faveur du projet constitutionnel.

Quant au score de 98,50%, qui n'a pu être réalisé que grâce à une OPA opérée par le makhzen sur les urnes, il s'inscrit dans la logique référendaire marocaine : 84% en 1962, 98% en 1972, 99 99% en 1992 et 99, 69% en 1996.

Pouvait-il en être autrement ?

Evidemment non, car tous ces référendums ont été présentés comme des référendums sur la monarchie. Or, celle-ci ne peut tolérer d'être remise en cause, ne serait-ce que par une infime partie de la population.

Monsieur le Ministre,

De par les dispositions de la constitution « si unanimement adoptée », le roi Mohamed VI garde tous ses pouvoirs tant législatifs, exécutifs, judiciaires que religieux, sans qu'il soit pour autant astreint à rendre des comptes. Ce qui constitue une violation de l'article premier de cette même constitution qui établit « Une corrélation entre la responsabilité et la reddition des comptes ». Ajouter à cela la sacralité des discours royaux qui ne peuvent faire l'objet de débats.

Monsieur le Ministre,

La révision de la constitution, n'a pas été conduite comme vous le prétendez, à partir de « consultations étendues, associant tous les partis politiques, les syndicats et une large palette de représentants de la société civile ».

Elle fut initiée par une commission consultative nommée par le roi et constituée d'affidés du pouvoir. Ainsi, en est-il, entre autres, de Mr Ahmed Herzenni ancien président du défunt CCDH pour qui le Maroc a « besoin d'une monarchie traditionnelle, chérifienne et religieuse »...

Rappelons au passage son « unique conseil » aux parents des membres du groupe Zahra Boudkour (2) qui, torturés sauvagement et emprisonnés, menaient une grève de la faim : « Ce que vous pouvez faire de mieux, c'est d'aller acheter des linceuls pour vos enfants » !!

Quant à Mr Abdellatif Mennouni, président de ladite commission, il a tenu à préciser que « le discours royal a déterminé les domaines que doit englober la réforme constitutionnelle » précisant qu'il ne s'agissait « nullement de l'élaboration d'une nouvelle constitution mais uniquement de réformer l'actuelle ».

De consultations, il n'eut point. Tout au plus des auditions. Et au lieu de réformes profondes que d'insignifiantes réformettes.

Vous conviendrez, Mr le Ministre, que cette commission ne dispose d'aucune légitimité populaire et que cette constitution n'a été qu'octroyée.

Monsieur le Ministre,

Vingt-quatre heures après vos déclarations dithyrambiques, des milliers de militants et sympathisants du Mouvement du 20 février investissaient les rues de Casablanca, Rabat, Agadir, Oujda, Fès, Tanger, Marrakech et des dizaines d'autres villes et villages pour dénoncer les irrégularités massives qui ont vicié le déroulement du référendum. Des pratiques frauduleuses que l'on croyait enterrées à jamais avec les Hassan II, Basri et autres Oufkir.

Ils ont aussi manifesté pour revendiquer le droit à la liberté, à la dignité, à la justice, pour réclamer une meilleure répartition des richesses, une vraie séparation des pouvoirs, la fin de l'impunité, de l'affairisme royal et de la corruption qui sévit au plus hauts échelons de l'Etat. De telles manifestations ne constituent-elles pas un démenti cinglant à vos allégations?

Et de leurs gorges montait le chant de la liberté :

« De l'humiliation, nous sommes lassés.

La voix de la dignité est notre épée,

Et nos poitrines, nos boucliers »(3)

Démenti cinglant à vos allégations.

Le Mouvement du 20 février n'est pas de l'ordre du factuel ou du conjoncturel. Il est sui generis aux problèmes économiques, politiques, sociaux et culturels dont souffre le Maroc depuis des décennies. Et de ce fait, il s'inscrit dans la durée.

Monsieur le Ministre,

Vos propos n'ont rien à envier à ceux de votre président qui avait félicité,

- avant même l'annonce officielle du résultat de l'élection présidentielle, M. Bouteflika pour sa victoire obtenue avec... 90% des voix ;

-avant tout le monde, MM. Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev pour leurs succès électoraux réalisés dans des conditions frauduleuses ;

-Ben Ali pour « les progrès de la démocratie en Tunisie » où les élections étaient aussi démocratiques que dans l'ancienne RDA.

Monsieur le Ministre,

Trouveriez-vous plausible qu'un référendum soit voté, dans votre pays, à plus de 98,50 %?

Accepteriez-vous que votre gouvernement mobilise, à son profit, tous les moyens de l'Etat pour mener campagne lors d'une consultation référendaire?

Admettriez-vous que les discours de votre chef d'Etat ne fassent pas objet de débats ?

Toléreriez-vous que votre président ne soit pas comptable de ses actes, de ses décisions, de sa politique ?

Bien sûr que non.

Alors pourquoi cette jubilation devant un processus référendaire pour le moins douteux ?

Pourquoi chanter les louanges d'une constitution qui légitime une monarchie absolue de droit divin ?

Pour quoi ce tissu d'inexactitudes, pour ne pas dire de mensonges ?

De telles flagorneries ne sont que mépris et insultes pour le peuple marocain et son intelligence.

Monsieur le Ministre,

Avez-vous fait preuve d'un manque de discernement en tombant en pâmoison devant la nouvelle constitution marocaine que l'on a triturée, en catimini, jusqu'à la dernière minute ?

Savez-vous que le texte officiel du projet de constitution, soumis au référendum et publié dans le Bulletin officiel 5952bis le 17 juin 2011, a été retouché en catimini le 30 juin 2011, soit la veille du référendum ? (Voir les « retouches » des articles 42 et 130)

Savez-vous que le bulletin officiel 5956 qui a publié ces « correctifs » n'a été rendu disponible sur le site du secrétariat général du gouvernement que le 06 juillet 2011 ? Ces « correctifs » sont loin d'être des coquilles d'orthographe car elles concernent la nomination du président de la Cour Constitutionnelle du fait qu'ils diminuent encore plus les prérogatives du chef de gouvernement au profit du roi.

Ainsi, le texte de la constitution « adoptée » n'est pas celui qui a été soumis à référendum !

(Voir http://fr.lakome.com/politique/42-actualites-politique/521--ahmed-benseddik.html )

Quant à L'article 87 du projet de constitution, il a été« délesté » d'une mention(4) qui interdisait toute activité commerciale ou conflit d'intérêt aux ministres durant leur mandat gouvernemental.

La tenue même du référendum n'a pas satisfait aux conditions juridiques présidant à l'organisation de cette consultation. (Absence de décret publié au Bulletin officiel indiquant les dates d'ouverture et de clôture de la campagne référendaire ainsi que du scrutin).

Toutes ces violations, toutes ces magouilles auraient-elles pu se produire dans votre pays sans soulever un tollé général ?

Monsieur le Ministre,

Vos élucubrations sont- elles dues eu fait que vous avez été mal informé par vos services et donc induit en erreur ou s'agit-il tout simplement de mauvaise foi ?

Difficile à croire, d'autant plus que votre ambassadeur à Rabat, Mr. Bruno Joubert est un spécialiste du renseignement. N'a-t-il pas occupé le poste de directeur de la stratégie à la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE) au Ministère de la Défense de 1997 à 2001 ?

Monsieur le Ministre,

Une fois encore, vous semblez préférer écouter les dirigeants et leurs mensonges et ignorer la voix du peuple. Une fois encore, vous semblez tabler sur le passé au lieu de miser sur l'avenir.

1--C'est un mouvement pluriel qui regroupe, entre autres, démocrates, marxistes , anti- mondialistes , étudiants, diplômés chômeurs et islamistes , principalement ceux d'El dAl La EL Issan (Justice et bienfaisance) qui appellent, désormais, à un Etat civil.

2-- Il s'agit d'un groupe d'étudiants qui ont manifesté contre de la nourriture avariée servie par le restaurant universitaire à Marrakech

3- Poésie de Rachis Ghollam

4-« Les membres du gouvernement, ne peuvent, pendant leur mandat de ministre, exercer aucune activité professionnelle ou commerciale dans le secteur privé. Ils ne peuvent être parti dans les contrats conclus avec l'Etat, avec des entreprises publiques, ou collectivités territoriales, ou des organismes soumis au contrôle financier de l'Etat ».

 

 

 

 

 

mercredi 13 juillet 2011 15:40


La frontière tunisio-libyenne contrôlée par les pro-Kadhafi

MINUTE PAR MINUTE - Quelque 12.500 réfugiés bloqués à Ras Jdir et doivent encore être évacués. Les affrontements ont repris à Brega, Ajdabiya, Ras Lanouf et Zawiyah.

14h02 : La tension monte à Tripoli. Les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser plusieurs centaines de manifestants anti-Kadhafi dans le quartier de Tadjoura. Des coups de feu ont été entendus.

13h51 : Une colonne de milliers de réfugiés du Bangladesh ayant fui le chaos en Libye s'étire sur plusieurs kilomètres entre le poste-frontière tunisien de Ras Jedir et le camp de réfugiés de Choucha.

» REPORTAGE - Libye : les réfugiés étrangers attendent leur rapatriement

13h47 : Un bateau contenant des billets de banque libyens d'une valeur de 117 millions d'euros, destinés à la Libye, a été intercepté mercredi par un navire britannique et escorté jusqu'à un port anglais, annoncé le ministère de l'Intérieur. La Grande-Bretagne a interdit l'exportation sans autorisation de billets de banque libyens conformément aux sanctions adoptées à l'ONU.

13h25 : C'est le début des manifestations anti-Kadhafi à Tripoli. Plusieurs centaines de personnes sont rassemblées dans le quartier Tadjoura pour protester contre le régime. «Kadhafi est l'ennemi de Dieu», scandent les opposants à la sortie d'une mosquée dans le centre de Tadjoura, en l'absence des forces de sécurité. Un habitant indique que de nombreuses rues conduisant à Tadjoura ont été bloquées par l'armée et que des véhicules blindés de transport de troupes étaient stationnés autour du quartier.

13h11 : Des «négociations intensives» continent d'être menées par les Pays-Bas pour obtenir la libération de leurs trois soldats, équipage d'un hélicoptère de la marine, prisonniers en Libye, indique le ministère néerlandais de la Défense.

13h02 : Les forces de l'opposition se sont avancées jusqu'à Uqayla, un petit village à 280 km au sud-ouest de leur fief de Benghazi et à une quinzaine de kilomètres à l'ouest de Brega, important site pétrolier théâtre de violents combats entre forces pro-Kadhafi et insurgés. Elles s'attendent d'un moment à l'autre à une nouvelle attaqe de l'armée régulière.

12h45 : «La victoire ou la mort» lance à ses partisans le président du Conseil national libyen, qui représente l'opposition dans l'est du pays. «Nous sommes des combattants, nous ne nous rendons pas. La victoire ou la mort ! Nous ne nous arrêterons pas tant que nous n'aurons pas libéré l'ensemble de ce pays», déclare Moustafa Abdeldjeïl à Al Baïda, une ville de Cyrénaïque entre Benghazi et Tobrouk.

12h30 : Les forces loyales au colonel Mouammar Kadhafi installent des points de contrôle autour de Tripoli, avant les manifestations anti-gouvernementales prévues à Tripoli, ce qui laisse craindre de nouvelles violences.

12h06 : La chaîne de télévision al-Jezira rapporte des combats pour le contrôle du terminal pétrolier de Ras Lanouf entre insurgés et pro-Kadhafi. Un bandeau rapporte également des affrontements potentiellement très meurtriers à Zawiyah.

12h00 : L'Italie est prête à mobiliser «près d'un milliard d'euros» pour le développement des pays du sud de la Méditerranée, aannonce le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini.

11h37 : Deux bâtiments de guerre américains, l'USS Kearsarge et l'USS Ponce, sont arrivés dans la base militaire de Souda en Crète. Les deux porte-hélicoptères ont traversé le canal de Suez et rejoint mercredi la Méditerranée pour se positionner au large de la Libye.

» Washington veut porter le coup de grâce à Kadhafi

11h20 : La frontière entre la Tunisie et la Libye est contrôlée par des «forces pro-régime lourdement armées», avertit le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), alors que quelque 12.500 personnes bloquées à cet endroit doivent encore être évacuées.

Près de 100.000 personnes, fuyant le chaos en Libye, ont franchi la frontière tuniso-libyenne depuis le 20 février, a annoncé dans le même temps le responsable régional du Croissant-Rouge tunisien.

» REPORTAGE - Libye : les réfugiés étrangers attendent leur rapatriement

10h55 : L'envoyé spéciale du Figaro à Tripoli, Delphine Minoui, signale que depuis hier soir, Internet est coupé dans la capitale. Les chaînes satellitaires en arabe (al-Jezira, al-Arabiya) semblent elles aussi inaccessibles. Le gouvernement cherche vraisemblablement à anticiper et limiter des mouvements de contestation attendus après la prière (11h - 11h30, heure française). Les journalistes hébergés dans l'hôtel Rixos ont par ailleurs été empêchés de sortir pour couvrir les événements.

10h34 : La Suède a mis à disposition de l'ONU un avion de transport militaire C-130 Hercules et a débloqué 3,7 millions d'euros pour procéder aux évacuations de réfugiés fuyant la Libye, a annoncé le ministère suédois des Affaires étrangères.

8h40 : Un avion de l'armée libyenne a bombardé ce matin les abords d'une base militaire aux mains des insurgés à Ajdabiya, dans l'Est, sans la toucher, ont annoncé des combattants de l'opposition. «On était assis là quand on a entendu un jet, puis l'explosion et on a senti le souffle. (Les bombes) sont tombées en dehors des murs», a raconté Hassan Faradj qui était affecté à la garde du dépôt de munitions de la base d'Hanieh. Selon un autre garde, deux missiles se sont abattus au pied de l'enceinte de la base.

7h45 : Le fils de Kadhafi, Seïf al-Islam, a accordé une interview en anglais à la chaîne al-Jezira qui sera diffusée dans son intégralité à 16h30. Dans un court extrait déjà dévoilé par la chaîne, il prétend que son clan n'a aucun avoir à l'étranger. Il s'en prend une nouvelle fois aux États-Unis et à l'Otan qui veulent selon lui «controler le pays et ses ressources»

6h55 : La ville libyenne de Marsa el Brega est de nouveau bombardée par les forces loyales à Mouammar Kadhafi, rapporte la chaîne de télévision al-Arabiya. La ville est la cible de bombardements aériens depuis mercredi. Elle est située à un emplacement stratégique, sur la route côtière qui mène à Benghazi, épicentre de la contestation dans l'est du pays.

 

 

vendredi 04 mars 2011 14:17


Le Parlement européen rapide à condamner le Maroc, mais réticent à soutenir le peuple tunisien

Le Parlement européen étonne. Il ne tarde jamais à condamner toute violation des droits de l'Homme dans le monde. Mais quand les intérêts de l'UE risquent d'être mis en cause, il fait marche arrière. Dernières illustrations, le refus de ses députés de voter une résolution soutenant la révolution du peuple tunisien mais aussi celui de condamner la Hongrie pour une loi jugée liberticide envers la presse. Pourtant, lors des événements de Laâyoune, ce même Parlement n'avait pas hésité à dégainer sur le Maroc.Le Parlement européen devrait-il continuer à donner des leçons sur les droits de l'Homme au reste du monde ? Son attitude sur la révolution tunisienne n'aiderait pas du tout à répondre par l'affirmative. En effet, l'Europarlement n'a pas jugé utile de voter une résolution soutenant le peuple tunisien qui vient de chasser Ben Ali. Dans l'hémicycle européen, on dit attendre que « la situation se stabilise » en Tunisie pour se prononcer. C'est du moins l'argument du groupe socialiste, qui soutient le groupe conservateur du PPE, opposé au vote de la résolution initiée par les Verts européens.

Détenant la majorité, socialistes et conservateurs ont dit non aux Verts, à la gauche non socialiste (GUE) et aux libéraux et démocrates. Une attitude « inimaginable » selon Daniel Cohn-Bendit, le coprésident du groupe Vert (voir vidéo). Mais vu que « les gouvernements européens et le Parlement ont pendant des années soutenu la dictature tunisienne », rappelle-t-il, ça se comprend. Des intérêts sont donc en jeu. Des intérêts plus importants que le soutien à la démocratie. Pourtant, ce ne sont pas moins de 100 personnes qui ont sacrifié leur vie en disant non à la dictature du président déchu.

Le cas de la Tunisie n'est pas le seul qui surprend. Les mêmes députés qui se sont opposés à la l'initiative des Verts ont également dit non à toute condamnation de la Hongrie. Ce pays vient pourtant d'adopter une loi vue comme contraire à la liberté de la presse. Sur ce sujet, la Commission est cependant entrée en jeu en demandant à la Hongrie de fournir des détails sur certains aspects de cette loi.

Assez du saupoudrage !

Mais cela suffit pour s'interroger sur la crédibilité des « discours droit de l'hommiste » de l'UE. Ils ont plutôt l'air de ressembler à du bluff que de refléter une réelle volonté de promouvoir les droits de l'Homme dans le monde. Plus inquiétant encore, on ne tarde jamais à cracher ou à s'indigner du comportement de certains pays. Surtout de ceux qui représentent une menace économique comme la Chine. Le Maroc, sous le collimateur du Parti populaire espagnol en avait eu sa dose lors des événements de Laâyoune en novembre 2010. Alors que 11 sur 13 victimes étaient à déplorer parmi les forces de l'ordre (et non parmi les civils), le Parlement européen n'avait même pas attendu de rapport sur la « situation » pour condamner « fermement » le Royaume et exprimer sa « profonde préoccupation face à la nette détérioration de la situation au Sahara occidental ». Ce n'est certainement pas avec du deux poids deux mesures que l'UE contribuera à promouvoir la démocratie et les droits de l'Homme. Si toutefois, ces notions sont des vérités chez les 27.

Oumar Baldé
Copyright Yabiladi.com

 

jeudi 20 janvier 2011 19:15


TUNISIE - Tunis toujours sous tension après le départ de Ben Ali.

Source AFP

Le président par intérim Mohamed Ghannouchi veut rétablir l'ordre public à Tunis.L'ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, chassé du pouvoir après un mois d'émeutes et désormais en Arabie saoudite, a été définitivement écarté samedi de la tête de l'Etat et un nouveau président par interim a été nommé. Tunis s'est réveillée sous tension, après une nuit de pillages en ville et en banlieue, souvent attribués par plusieurs témoins à des partisans du président déchu. L'armée, appelée à l'aide, a fait survoler la capitale par des hélicoptères. Le Conseil constitutionnel a proclamé coup sur coup "la vacance définitive du pouvoir" et la nomination de Foued Mebazaa, président du Parlement, au poste de président de la République par intérim. Ce dernier a ensuite prêté serment.

Ce retournement de situation s'est appuyé sur l'article 57 de la Constitution et est intervenu à la demande de Mohammed Ghannouchi, Premier ministre sortant, nommé vendredi président par intérim après la fuite de Ben Ali et qui ne sera resté que vingt-quatre heures à ce poste. Dans la nuit, Mohammed Ghannouchi avait annoncé que les opposants et exilés tunisiens étaient libres de rentrer au pays. Ce nouveau rebondissement politique, samedi, s'est produit au moment où des manifestations et des marches avaient débuté dans des villes de province pour réclamer le départ de Ghannouchi.

Des milliers de personnes, sorties dans les rues, se sont ensuite dispersées à la demande l'armée sans incident grave, en apprenant la nouvelle de son remplacement par le président du Parlement. Ces manifestations se sont déroulées en dépit de l'état d'urgence dans des villes comme Sidi Bouzid, Kasserine, Gafsa et Regueb dans le sud et centre ouest. La nomination de Ghannouchi en vertu de l'article 56 de la Constitution laissait la porte ouverte à un retour au pouvoir de Zine El Abidine Ben Ali et avait été contestée aussi par des juristes et une partie de l'opposition.

Coeur de la capitale bouclée

L'article 57 fixe de manière précise la transition à la tête de l'Etat. Il prévoit des élections législatives dans un délai de 60 jours maximum alors que l'article 56 ne prévoyait pas d'élections et ne donnait pas le droit au président par intérim de briguer la présidence. Dans le pays, tous les aéroports ont rouvert samedi matin, au lendemain de l'annonce de la fermeture de l'espace aérien. Samedi matin, la police a bouclé le coeur de la capitale afin d'empêcher tout rassemblement, après les pillages.

Des barrières métalliques ont été dressées, barrant les rues débouchant sur l'avenue Bourguiba, la principale artère du centre de Tunis. Des tanks et des véhicules blindés de transport de troupes ont été déployés dans la capitale. Des militaires et des forces de sécurité ont arrêté dans la matinée des dizaines de pilleurs présumés et les ont emmenés dans des camions, ont constaté des journalistes de l'AFP. Des voitures volées étaient abandonnées dans les rues et des boutiques et résidence de luxe ont été incendiées, les propriétés de la famille de Ben Ali et de son épouse Leïla étant particulièrement ciblées. Des portraits de l'ex-président ont été brûlés et des jeunes gens commentaient dans des cafés bondés les derniers événements, tandis que des files se formaient devant les rares épiceries ouvertes.

Exactions

Plusieurs quartiers de la banlieue ont vécu une nuit d'angoisse en raison de destructions et de pillages menés par des bandes de personnes encagoulées, selon les témoignages d'habitants apeurés, relayés par les télévisions locales. A la sortie nord de Tunis, des dizaines de personnes sortaient en début de matinée de l'hypermarché Géant emportant tout ce qui leur tombait sous la main, en l'absence de tout représentant des forces de l'ordre, a constaté l'AFP. Certains habitants ont accusé des miliciens liés aux proches du président en fuite d'être impliqués dans ces pillages, d'autres ont évoqué des prisonniers de droit commun évadés de centres de détention, certains mettant en cause des policiers.

Un diplomate français a affirmé avoir vu des partisans du président en fuite prendre part à des exactions contre la population à Tunis. Dans le centre-est du pays, au moins, 42 prisonniers ont péri dans l'incendie d'une prison de Monastir. Selon un médecin, l'incendie s'est déclaré lorsqu'un détenu a mis le feu à un matelas dans un dortoir hébergeant près de 90 détenus lors d'une tentative d'évasion qui a tourné à la panique en raison de coups de feu tirés près de la prison.

Après 23 ans de règne sans partage, Zine El Abdine Ben Ali, 74 ans, s'est enfui après un mois de contestation sans précédent de son régime - baptisée "révolution du jasmin" - qui a embrasé le pays et fait des dizaines de victimes tombées par les balles des forces de l'ordre. C'est le premier dirigeant d'un pays arabe à quitter le pouvoir sous la pression de la rue.

 

samedi 15 janvier 2011 15:25


TUNISIE - Cyrine et Nesrine Ben Ali aux portes de Disneyland

Le Point.fr

Deux filles du président Ben Ali auraient trouvé refuge dans un hôtel proche du parc d'attractions, selon l'ambassade de Tunisie à Paris. Cyrine Ben Ali, fille issue du premier mariage du président tunisien, et Nesrine, fille de son second mariage avec Leïla Trabelsi, sont en France. Cyrine aurait atterri vendredi soir au Bourget, alors que Nesrine est dans l'Hexagone depuis jeudi. Cette dernière, âgée de 24 ans et enceinte, est l'épouse de Sakher el-Materi, un temps pressenti pour être le successeur de Ben Ali. Avec ses deux enfants, elle aurait été hébergée à la résidence de l'ambassadeur de Tunisie à Paris, située dans le 16e arrondissement, dans la nuit de jeudi à vendredi. Selon l'ambassade, les deux soeurs seraient actuellement à l'hôtel Castel Club situé dans les murs du Disneyland Hôtel, aux portes du célèbre parc d'attractions de Marne-la-Vallée. Contacté, l'établissement ne souhaite pas faire de commentaire.

Vendredi soir, Europe 1 avait annoncé que Sakher el-Materi avait été arrêté à Tunis alors qu'il tentait de quitter le territoire. D'après l'ambassade de Tunisie à Paris, il serait actuellement à Dubai.

 

samedi 15 janvier 2011 15:23


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